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Des bijoux, des parures et des joyaux

La vie romanesque de Fulco di Verdura

La vie romanesque de Fulco di Verdura

Fulco di Verdura (ici avec Gabrielle Chanel) était à la fois un authentique prince sicilien, joailler de très grand talent, un italien cosmopolite dont la vie nous fait traverser presque un siècle et rencontrer des personnages aussi romanesques que lui.

On a fêté cette année les 75 ans de la marque Verdura, en prenant comme référence la date de l’ouverture de sa boutique New-Yorkaise, le 1° septembre 1939. Évidemment, beaucoup d’articles sont parus, qui ressassaient tous un peu les mêmes informations, et les mêmes images de bijoux, comme ces fameuses manchettes à la Croix de Malte, créées pour Chanel, qui seront les premières d’une longue série, aussi caractéristiques de Verdura que la panthère l'est de Cartier.

Les deux manchettes blanc ivoire à la Croix de Malte, empilement en hauteur

Les premières manchettes que Fulco di Verdura réalise pour Chanel
© Maison Verdura

Vous me connaissez, je suis une curieuse, j’ai donc essayé d’aller un peu plus loin. Entre les documents d’archive, les documents fournis par la maison Verdura elle-même, et la recherche d’informations sur le monde de Fulco di Verdura, je me suis vite retrouvée avec de quoi écrire un roman entier… et certainement plus d’un article sur ce site.

L’importance de Fulco di Verdura

Or je n’arrive pas à résumer. Peut-être un peu moins connu en France, en tout cas du grand public, à cause de son exil américain, Verdura est un des joailliers qui ont marqué la « petite histoire » – et l’histoire de la joaillerie tout court -, parce qu’il y était plongé.

Raconter sa vie, c’est parcourir le Who’s Who des riches et élégants qui ont fait le siècle, plonger dans une société raffinée, dans des drames aussi, dissimulés derrière les sourires et le brillant des bijoux.

Comme Chanel en couture, comme Paul Flato, Jean Schlumberger pour Tiffany, comme aujourd’hui Victoire de Castellane pour Dior, Verdura a changé le style de la haute joaillerie. « Avant » ce qui comptait, c’était la taille et la beauté des pierres, « après » le design et le style comptent tout autant, les bijoux se transforment, ont de l’humour, se portent à toute heure de la journée. Verdura a introduit la fantaisie dans la joaillerie, tout en restant fidèle aux gemmes et aux métaux les plus précieux.

De sa naissance en 1898 à sa mort quatre-vingt ans après, Fulco di Verdura a vu plusieurs mondes se succéder. Il les a tous traversés avec son élégance et son humour de grand aristocrate mondain, son talent artistique et sa créativité technique.

Un bouton de manchette représentant un bloge et l'autre la nuit étoilée

Les boutons de manchettes « Night and Day » offerts à Cole Porter, l’ami de toujours, pour la sortie du film du même nom.
© Maison Verdura

Parce qu’il était aristocrate, parce qu’il avait du talent, de l’humour et de la légèreté, il a eu un succès énorme : apprécié de ses clients qui devenaient des amis, de ses amis qui devenaient des clients, Fulco di Verdura a voulu avoir une vie heureuse, et je crois qu’il y est arrivé. Cela se ressent dans ses bijoux, dans ce fameux « style » qui a, depuis, inspiré beaucoup d’autres créateurs.

Deux jeunes gens dans les années 20

Fulco di Verdura et sa soeur, sur une plage sicilienne

Il avait, selon Cecil Beaton, « un coeur d’or et une langue de vif-argent ».

Voilà pourquoi j’ai eu envie, pour une fois, d’élargir un peu mon sujet, et de vous parler non seulement de Fulco di Verdura et de ses bijoux, mais de son époque et de ses amis. Au lieu d’un article, je vous en ferai trois ou quatre ! Trois sur sa vie, pour ne pas être trop longue, et un plus focalisé sur ses bijoux et son style.

Sa vie commence dans une Sicile aristocratique, raffinée et riche, sur le point de disparaitre, détruite à la fois par la création de l’Italie moderne et par la première guerre. Elle se poursuit dans la France des Années Folles, puis le New York de Vogue et de Harper’s Bazar pour finalement se nicher dans le Londres à la fois excentrique et aristocrate où les Rolling Stones tirent la langue à côté des écoliers en uniforme et des messieurs en chapeau melon. Mondain sans être people, joaillier, il fut aussi dessinateur, artiste et homme d’esprit.

La Sicile de Fulco : un monde en disparition

Gravure ancienne représentant les combats de 1848

La révolution de 1848 (ici à Palerme) va aboutir à l’unité italienne

Notre histoire commence donc en 1898 à la toute fin du XIX° siècle, à l’époque où les jeunes filles en fleurs ne sortaient qu’en robes blanches de dentelles, abritées du soleil sous de délicates ombrelles et des avances de jeunes gens trop empressés par des chaperons sévères.

Le monde bouge, New-York vient d’absorber Brooklyn, le Queens et Staten Island, et John Astor, le père de Vincent Astor et l’homme le plus riche des Etats-Unis y a érigé le Waldorf-Astoria, à l’époque décrit comme l’hôtel le plus luxueux du monde. En France, le comte Henri de La Valette fonde avec Santos-Dumont et d’autres ingénieurs l’Aéro-Club de France, qui sera le premier club d’aviateurs au monde.

Derrière ces images de bonheur prospère, réservées à une classe riche et peu nombreuse, l’Europe connaît les prémices des crises qui vont culminer dans une première guerre mondiale dévastatrice. Partout, les anarchistes commettent des attentats contre les privilégiés et les dirigeants.

En avril 1897, en Italie, un jeune chômeur, Pietro Acciarito a tenté d’assassiner le roi Humbert I°, en 1898 c’est un autre anarchiste italien, Luigi Luccheni, qui assassine l’impératrice Elisabeth d’Autriche (Sissi) à Genève. Les attentas continueront jusqu’à l’assassinat l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo, seize ans plus tard, qui sera l’événement déclencheur de la guerre, sans oublier celui d’Humbert I° en 1900, sous les coups d’un autre anarchiste, Gaetano Bresci.

L’Italie est un pays unifié depuis peu de temps. Ce n’est qu’en février 1861 que l’unification du Royaume des Deux-Siciles aux trois autres royaumes et aux États Pontificaux donne naissance à l’Italie moderne. A l’époque, contrairement à la situation moderne, le Royaume des Deux-Siciles, qui englobait tout l’ancien Royaume de Naples, était la partie la plus prospère de l’Italie.

C’est par exemple dans ce royaume qu’on trouva le premier chemin de fer italien, ou la première ville éclairée au gaz. Techniquement parlant, l’État Italien est l’héritier du Royaume de Piémont-Sardaigne, le seul à avoir une vie politique un tant soit peu démocratique avant l’unification et le moteur de celle-ci.

Le Pape, qui a perdu son pouvoir temporel, interdit aux italiens de voter et de participer à la vie publique, en tant que fonctionnaire, et la balance penche en faveur de l’ancien royaume du Piémont, qui n’a pas les nostalgies pour les anciens rois qu’on trouve au sud.  L’Italie de la fin du XIX° est marquée par de fortes inégalités entre une élite très riche et des travailleurs de plus en plus pauvres, en particulier dans le sud.

Lors du recensement de 1881, environ un millions de paysans, dans le sud, étaient sans-terre, employés à la journée, et candidats à l’émigration. Les propriétaires terriens dépensaient la majeure partie de leurs revenus sans les réinvestir dans la terre, 45% des italiens du sud étaient illettrés, les épidémies faisaient des ravages.

Tableau représentant un village rural sicilien

Paysage Sicilien rural

Néanmoins, les alentours des villes les plus riches du sud, Naples et le Palerme du Fulco di Verdura, comme la côté Tyrrhénéenne, faisaient exception avec une relative prospérité pour les paysans.

En 1898, c’est un aristocrate sicilien et néanmoins relativement libéral, qui est premier ministre. Antonio Starabba, Marquis de Rudini est l’exemple typique des nobles siciliens décrits dans Le Guépard.Il sera chassé et remplacé par un Premier Ministre beaucoup plus dur, après les émeutes du pain : une très mauvaise récolte de blé fait exploser le prix du blé, déclenchant des émeutes dans toute l’Italie, en particulier début mai, à Milan. Les émeutes sont réprimées au canon, et la moitié de l’Italie est en état de siège.

A cette époque, de nombreux italiens émigrent, pour tenter de mieux gagner leur vie : ainsi, en 1914, un autre italien du Sud quitte l’Italie pour les Etats-Unis. Comme Verdura, plus tard, il ira à Hollywood et se fera connaître en travaillant pour les stars de cinéma. Ironie du sort, renommée acquise et fortune faite, Salvatore Ferragamo, qui était né, comme Verdura, en 1898, rentre en Italie au moment où celui-ci la quitte !

La jeunesse sicilienne

C’est dans ce monde archaïque, en pleine recomposition et dont l’évolution va être dynamitée par la première guerre mondiale que, le 20 mars 1898, nait dans le palais familial, à Palerme, Fulco Santo Stefano, Marquis della Cerda, futur duc de Verdura et dernier du nom.

Car Fulco Di Verdura était un authentique prince sicilien, un cousin de Guiseppe Tomasi di Lampedusa, l’auteur du Guépard. Ses parents, Giulio di Verdura et Carolina Valguarnera se séparent définitivement après sa naissance, ayant rempli leur devoir : prolonger la lignée, avec un héritier mâle.

La Villa Niscemi

Fulco va vivre avec sa mère, dans la famille des princes Valguernera, la Villa Niscemi, où il est né. C’est une ancienne ferme du XVII° siècle, qui a été transformée en résidence luxueuse.

La villa blanche est certes, moins luxueuse que le Palais Valguernera, mais elle est parfaite pour le jeune enfant. Les jardins sont immenses, la villa est au milieu des terres, comme les châteaux bordelais sont au milieu du vignoble. La dernière descendante des Valguerna a donné la Villa à la commune, ce qui permet de la visiter le dimanche et de voir la richesse des décors. Est-ce que cette pièce ne respire pas le bonheur d’un été italien ?

Une pièce du palais, en clair obscur avec une grande baie vitrée

Un salon de la villa Niscemi

Quant aux murs et aux plafonds, richement décorés, dotés de lustres de Murano, ils prouvent que l’ancienne « ferme » était bien un véritable palais.

Pour Fulco et sa grande soeur, c’est un véritable paradis. Comme dans toutes les riches demeures, le parc est rempli d’animaux, animaux de fermes, chiens, chats, paons et même babouins dont on cherche à dissimuler l’odeur avec d’immenses daturas qui montent jusqu’aux fenêtres de Fulco. De là viendra une part importante de son inspiration.

Parc de la Favorita à Palerme

L’ancien parc de la Villa Niscemi, aux couleurs d’automne

En particulier, son goût des couleurs, des assortiments audacieux dans des harmonies franches vient des peintures siciliennes, de ces fresques aujourd’hui passées.

Broche Verdura doble Blackamoor

Broche présentant deux noirs en costume d’apparait

Plus directement, des broches comme les « blackamoor » (négrillons) sont les descendantes directes des statues qui ornaient ces palais, ou l’Opéra auquel Fulco allait très régulièrement, dès sa plus tendre enfance.

Palerme et le palais Valguarnera

Si la villa Niscemi était légèrement à l’extérieur de Palerme, le palais de la famille Valguarnera en était un des plus riches. Lui aussi se visite encore aujourd’hui, et on peut voir les magnifiques salles dans lesquelles « Le Guépard » a été tourné. C’est aussi là que Wagner résida et composa une partie de Parsifal.

Balcons fleuris et palmiers

Les cours intérieurs du Palais Valguarnera : comme un décor de théâtre

L’Opéra était une obligation sociale pour les nobles siciliens. Sa pratique régulière ravit Fulco et nourrit son imagination d’un certain type d’élégance et de faste. On parle souvent de bijoux de théâtre, pour Hollywood, Fulco di Verdura, plus tard, dessinera de véritables bijoux, portés durant les films, avec la même opulence joyeuse que les « bijoux de théâtre ». Fulco aimera se déguiser toute sa vie : bals costumés, « tableaux vivants » et autres soirées costumées, nombreuses sont les photos qui le montrent ainsi, témoignage des derniers grands bals costumés du XX° siècle.

Vue de la salle de bal illuminée

La grande salle de bal du Palais Valguarnera, où fut tourné le bal du Guépard

Et il faut bien le reconnaître : un bal dans une salle comme celle-ci, cela devait être un moment féérique. Si vous avez, comme moi, rêvé devant Alain Delon invitant la splendide Claudia Cardinale à danser, vous avez à la vue de cette photo les images du film qui défilent…

Alice au Pays des Merveilles

Broche montrant une souris de profil

Broche Souris, avec nacre, diamants ,émeraudes et rubis

Comme tous les enfants très privilégiés de cette époque, Fulco a une nurse anglaise, pour lui apprendre la langue de Shakespeare. Elle fera beaucoup plus pour lui : elle lui fera découvrir le livre de Lewis Carroll, dont les animaux étranges, les personnages hauts en couleur frapperont durablement son imagination.

Des bijoux comme cette petite souris sortent directement de cet univers magique.

La fin d’un monde

Trois événements successifs vont fissurer, puis détruire ce monde d’insouciance privilégiée : la mort de sa grand-mère maternelle, la guerre, et enfin la mort de son père. Quand il écrit « Une enfance sicilienne », il commence ses souvenirs à l’âge de sept ans et les arrête à treize ans, à la mort de sa grand-mère maternelle, une figure forte qu’il adore et dont il parle longtemps. Nous sommes en 1911.

Trois ans après commence la première guerre mondiale. L’Italie est théoriquement membre de la « Triplice », alliance qui l’unit à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie, mais elle tergiverse, et commence par se déclarer neutre, ayant de forts conflits territoriaux avec l’Autriche. Finalement, elle entre en guerre au côté des Alliés, en mai 1915, contre la promesse des terres irrédentines. Tout cela est bien loin de la Sicile, les batailles les plus importantes se déroulent au nord, près de Trieste et dans le Frioul, et l’Italie paye un lourd tribut à la guerre, avec plus de deux millions d’hommes tués, blessés, disparus ou prisonniers.

Photo en noir et blanc de Fulco di Verdura vers sept ans.

Fulco jeune, avec le costume de marin typique de l’époque

Cette saignée est particulièrement douloureuse pour le sud, dont l’économie agricole manque de bras. De plus, l’effort de guerre a favorisé le nord industriel, fermé de nombreux marchés pour les productions agricoles. De nombreux aristocrates siciliens sont ruinés.

Les dernières années italiennes

La montée du fascisme

L’Italie de l’immédiate après-guerre est pleine de troubles. Elle n’a pas reçue toutes les terres promises lors de son ralliement, l’inflation est très élevée, le chômage important. Un fort nationalisme se développe, l’écrivain Gabrielle d’Annunzio monte à l’assaut de Fiume, la peur du communisme est partout : toutes ces conditions vont permettre l’arrivée au pouvoir des fascistes. En octobre 1922, Mussolini marche sur Rome et accède au pouvoir.

Il y a fort à parier que Fulco trouvait ridicules les démonstrations du pouvoir fasciste, fort à parier aussi qu’il réservait son opinion aux intimes, étant donné la répression politique mise en place.

Palais Italien sur le canal

La Ca Rezzonico, où les Porter passent leur voyage de noce

La dolce vita

En même temps, l’Italie est redevenu immédiatement après la paix, le lieu de villégiature prisé de nombreux américains. C’est ainsi qu’en 1919, Fulco rencontre à Venise Cole et Linda Porter qui y passaient leur lune de miel dans un palace. Ils deviendront des amis intimes, et seront l’une des premières « clés » qui ouvrira à Fulco les portes de Paris, d’Hollywood et de New-York. En particulier, c’est chez les Porter que Fulco va rencontrer Coco Chanel en 1925.

Le duc de Verdura

En août 1923, le père de Fulco décède. Celui-ci devient duc de Verdura, mais il découvre qu’il est ruiné, il va falloir tout vendre ! La villa Niscemi est épargnée, puisqu’elle appartient à la famille maternelle de Fulco. Elle y restera jusqu’en 1987, date à laquelle Margherita Valguarnera, Princesse Romanov en fera don à la commune.

Vue du jardin de la villa

La cour intérieure de la Villa Niscemi

Fulco gardera toujours le souvenir des meubles luxueux, des riches draperies de soies précieuses, des jardins merveilleux et de la ménagerie d’animaux exotiques qu’ils hébergeaient. Tout cela sera la source principale de son inspiration ultérieure.

Le mythe de la Valise en Carton

On peut lire sur certains sites web qu’ayant tout vendu, Fulco Di Verdura donne un bal mémorable où il dépense ce qu’il reste de sa fortune, empaquette quelques effets dans une valise en carton et de partir pour le Paris des années folles, où il compte débuter une carrière de peintre.

En réalité, les choses ne se sont pas passées comme cela. A la mort de son père, Fulco va effectivement « vendre », mais il va rester encore quelques années en Italie. Et son grand bal ne sera donné qu’en 1929.

Chanel déguisée en veuve et Verdura déguisé en militaire

En Juin 1934, Fulco di Verdura et Chanel assistent au Bal des Valses

Fulco a été élevée dans une tradition où « on ne travaille pas ». Le métier d’artiste peut être un passe-temps, mais pas un gagne-pain. De plus « ruiné » à l’aune de la fortune des Verdura et des Valguarnera, ce n’est pas être au RMI… Fulco va donc continuer à vivre pendant deux ans dans cette Italie si accueillante aux étrangers, et cultiver des relations précieuses. Ce n’est qu’en 1926 qu’il part pour Paris, où il compte, effectivement, devenir artiste peintre.

Le Paris de l’époque est en pleine effervescence créative. Les Russes blancs l'ont investi, des noms comme Erté, Diaghilev comptent dans la mode et les arts décoratifs, Montparnasse accueille peintres et photographes comme Man Ray, Dali… des écrivains et beaucoup d’étudiants qui y vivent « La Bohème ».

C’est à Paris que commencent plus de dix années nomades, dans un premier temps en Europe, puis aux Etats-Unis.

Le plus grand bal costumé que Palerme ait connu

Photo en noir et blanc

Le Duc de Verdura costumé en consul Bonaparte
Source : © maison Verdura

Mais c’est chez lui, à Palerme, que Fulco donne un bal mémorable, le « Ballo 1799 ». Il y dépense, dit-on, « magnifiquement », ce qui lui reste de sa fortune. Nous sommes en 1929. Y assistent les Porter, Carlos de Beistegui, Elsa Maxwell.

Il s’y déguise en Consul Bonaparte. Choix tout en finesse, si le Bal est en l’honneur des ennemis anglais de Napoléon, Bonaparte n’est jamais allé jusqu’en Sicile. La campagne d’Italie a été, après la révolution française, le deuxième coup de pied dans des cailloux bien tranquilles qui vont rouler pour devenir le nationalisme italien, c’est à cette époque que se met en branle ce qui détruira la Sicile des Verdura.

Mais n’oublions pas non plus : Fulco était de petite taille, historiquement, le rôle de Bonaparte lui allait très bien !

A cette époque, Fulco di Verdura est encore européen. Résidant et travaillant à Paris, il voyage en Europe au gré de ses envies, de ses clients et des événements qui marquaient la « Café Society ».

Bientôt, tout cela va changer.

En 1934, après le Bal des Valses, Fulco di Verdura fait ses bagages, et part aux Etats-Unis. Il va y vivre cinq ans d'un road-trip luxueux et créatif, avant de se fixer à New-York.

 

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Un commentaire

  1. je viens de lire : une effance sicilienne. tellement drole et charmante.

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