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Des bijoux, des parures et des joyaux

Devenir créateur de bijoux, est-ce un rêve impossible ?

Devenir créateur de bijoux, est-ce un rêve impossible ?

A force de parcourir les sites de nouveaux joailliers, une chose nous a frappé : beaucoup des grands noms de la haute bijouterie moderne ont eu un parcours atypique, souvent des reconversions professionnelles, en particulier chez les femmes. Alors, finalement, nous nous sommes posé la question : comment devient-on créateur de bijoux ? Entre l’artisan qui fait tout lui-même à l’ouvrier ou au créateur qui travaille au sein de grosses équipes chez de grandes maisons, il n’y a de commun que l’amour des bijoux et des pierres précieuses.

Autour de la création de bijoux : le dessin et l’achat des pierres

En théorie, tout bijou commence par un dessin. La grande différence entre la haute joaillerie et la haute couture, c’est qu’une esquisse ne suffit pas. Il faut un dessin très précis, au millimètre près,  grandeur nature, qui va servir de gabarit pour la découpe et le façonnage du métal. On ne peut pas, comme en couture, retoucher directement un patron sur un mannequin !

La main d'une peintre mettant en gouache un projet de bijou

Le dessin d’un bijou Van Cleef et Arpels : une véritable oeuvre d’art.

Par contre, comme partout, l’informatique est arrivée : des logiciels de création en 3D, similaires à ceux utilisés par les architectes ou les créateurs d’effets spéciaux permettent de créer des modèles très complexes et de générer directement ensuite le moule en cire qui permettra de couler le métal fondu. Ces technologies modernes sont critiqués par des artisans (comme le fondateur du site bijou a la cheville dont je vous ai parlé) qui pensent que le métal fondu à la cire perdue est moins solide qu’un métal qui va être façonné avec la machine à fil et le marteau, parce qu’il est

Le squelette d'une bague en 3D

Une bague avec un solitaire central, modélisée en 3D

qu’il reste, à l’intérieur, de minuscules poches d’air.

Le dessin est ensuite peint à la gouache, toujours grandeur nature. Cette étape est respectée même lorsque l’on créé un modèle 3D. Car le dessin va permettre de positionner les pierres qui vont être serties sur la monture, et de juger comme les subtiles différences de teintes s’harmonisent. Trouver un grand nombre de pierres de grande qualité qui présentent la même teinte est un défi ! Il a fallu plus de deux ans et demi pour réunir les émeraudes du collier Romanov de Fabergé !

Dessin original (1885) du collier Romanov de Fabergé

Le dessin original du collier Romanov de Fabergé. L’artiste a travaillé à la gouache, soigneusement, en posant même les points de lumière.

Les dessins sont d’ailleurs de véritables oeuvres d’art en eux-mêmes, soigneusement conservés par des maisons comme Chaumet, Fabergé ou Chanel. Ils permettent de recréer des bijoux dont on n’a plus d’exemplaire ou qui n’ont jamais été fabriqués, comme le fait aujourd’hui la maison Verdura.

Il est possible d’apprendre seul le dessin de bijoux. Il existe de nombreux livres sur le sujet, quand à la création 3D, le maniement du logiciel n’a rien de spécifique à la bijouterie. Par contre, il faut avoir des notions de base sur le travail des métaux et les montages pour dessiner des bijoux réalistes !

La réalisation : la phase artisanale

Dans toutes les écoles de bijouterie, on forme les stagiaires en commençant à utiliser des métaux bon marché, en particulier le laiton. Celui-ci étant beaucoup plus difficile à travailler que l’or ou l’argent, il est aussi un très bon matériau d’apprentissage : on réalisera sans difficulté sur des métaux plus malléables ce qu’on a réussi à faire sur le laiton.

Néanmoins, il faut acheter un matériel de base. Beaucoup de choses peuvent se faire soi-même, en particulier l’établi, mais il trouver des machines et des outils pour étirer des fils, pincer, couper, scier. Certains sont vraiment spécifiques à la joaillerie, comme le fameux bocfil, d’autres sont utilisés par plusieurs métiersUne longue recherche sur internet sur des . sites spécialisés dans la vente de matériel de bijou permet de minimiser les dépenses. La bijouterie est un métier ou un loisir onéreux !

 

Il est possible, quoique très difficile, de se former seul. On trouve des livres, des vidéos, et même des forums pour échanger et recevoir des conseils. Mais honnêtement, il est bien plus rapide de prendre des cours pour acquérir les bases du travail du métal et du sertissage, ainsi que les réflexes de sécurité indispensables. Une fois les bases acquises, on pourra commencer à expérimenter seul !

Devenir professionnel

Après les premiers essais de bijoux faits pour la famille et les amis, on va envisager de devenir professionnel. Trouver un emploi sans une véritable formation débouchant sur un CAP et / ou un diplôme de gemmologie est impossible, mais on peut envisager de se mettre à son compte. Dans ce cas, attention aux formalités, qui sont très lourdes en France. Dans d’autres pays, c’est plus simple, et vous pouvez être tenté de suivre une formation et d’ouvrir un atelier à l’étranger. En effet, il est plus facile de devenir un bijoutier (commerçant) qu’un joaillier.

Si vous avez la chance de pouvoir vous consacrer à plein temps à votre apprentissage, et que vous êtes doué, une durée de formation de deux à trois ans peut suffire pour réaliser votre rêve. Sinon, vous allez prendre beaucoup plus de temps avant de pouvoir vivre de votre passion, mais cela reste possible !

 

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