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Des bijoux, des parures et des joyaux

Le(s) Cullinan

Le(s) Cullinan

Si, comme moi, vous avez un peu de mal à visualiser ce que représentent 3.106 carats, prenez une règle, et dessinez un cube de 10 centimètres de long par six centimètres de large et cinq centimètres de hauteur. C’est à peu près le volume du Cullinan d’origine, un caillou de forme irrégulière, mais d’une pureté extraordinaire, puisqu’il a un type IIa, un des plus rares, celui du Beau-Sancy ou du Koh I Noor. A la différence de ces diamants plus anciens, il ne vient pas des mines de Golconde, en Inde, mais d’Afrique du Sud, dans le Transvaal, à quelques kilomètres de Pretoria.

Et le plus fascinant, c’est que ce diamant unique n’était pas enterré très profondément : il a été trouvé à quelques mètres de profondeur, et seulement trois ans après le début d'exploitation de la mine, le 26 janvier 1905.

Le découvreur du Cullinan

Par qui ? Deux histoires circulent. La première fait référence à Thomas Evan Powell, un mineur noir, qui le confia au contremaître, Fred Wells (et toucha une belle récompense).

L’autre attribue directement le mérite de la découverte à Fred Wells : celui-ci était en train de faire une tournée d’inspection quand son regard a été attiré par un éclat de lumière violent. Croyant qu’il s’agissait du soleil couchant se reflétant dans un morceau de verre, il alla quand même voir, par acquit de conscience.

Et là, il découvre, même pas complètement enterré, affleurant la terre, dépassant légèrement, le plus gros diamant blanc jamais trouvé !

Possible ou pas ? On ne saura sans doute jamais, néanmoins, la raison pousse à croire que le vrai découvreur du Cullinan a été le mineur, Thomas Evan Powell.

 Un cadeau à la couronne d’Angleterre.

En revanche, la suite de l’histoire est connue avec certitude. Pn sait que la toute jeune République du Transvaal acheta la pierre brute au propriétaire de la mine, Sir Thomas Cullinan, pour sept cent cinquante mille dollars.Mais sept cent cinquante mille dollars de 1905, cela représente vingt-deux millions et demi de dollars de nos jours, soit quasiment dix huit millions d’euros !

Thomas Cullinan et son diamant

Fred Wells, à droite, passe le diamant à Mc Hardy, qui le donne à Thomas Cullinan (à gauche). On voit bien la taille de la pierre !

Non content de pouvoir vivre de ses rentes jusqu’à la fin de ses jours, Sir Cullinan, ancien ouvrier maçon devenu lord et magnat du diamant, donna son nom à la pierre. Et la République du Transvaal l’offrit à Edouard VII en 1907, à l’occasion de son soixante-sixième anniversaire, et pour le remercier de lui avoir accordé l’indépendance.

Et dire qu’on a reproché à un président français d’avoir reçu quelques dizaines de carats de diamants africains !

Si ce « cadeau » vous parait hors de proportion, il ne faut pas oublier la complexité de la politique sud africaine de l’époque, les relations difficiles entre les colons afrikaners, qui avaient la terre, et les colons anglais, qui avaient les mines de diamant. Une guerre violente avait opposé ces derniers (la guerre des Boers), elle avait laissé le Transvaal exsangue, et l’Angleterre avait envoyé huit millions de livres pour la reconstruction. Ce cadeau n’était donc qu’un faible remboursement des sommes envoyées quelques années auparavant… et il encouragea l’Angleterre à débloquer quatre millions de livres supplémentaires !

Les voyages du Cullinan

Deux difficultés devaient être surmontées. D’abord, il fallait transporter sans encombre cette pierre jusqu’en Angleterre.

Ensuite, il fallait la tailler, non seulement en surface, mais aussi de séparer la pierre en plusieurs pièces, car malgré sa pureté, son centre était entaché d’un point noir. C’est la vénérable maison Asscher qui avait été choisie pour cela. Et la maison Asscher se trouvait à Amsterdam, ce qui impliquait un deuxième voyage.

La reine d'Angleterre portant la parure Delhi Durbar, avec un Cullinan

La reine d’Angleterre portant la parure Delhi Durbar, avec un Cullinan

Puis un troisième, les pierres une fois taillées ! Vu la célébrité du Cullinan, c’était prendre de gros risques. Tous les Arsène Lupin de l’époque rêvaient de voler la pierre.

On employa donc la méthode du leurre, en faisant voyager par bateau, hautement protégée, une copie du Cullinan, tandis que l’original était simplement envoyé par la poste, dans un paquet recommandé ordinaire, réceptionné ) Londres par Francis Hopwood, un fonctionnaire du Foreign Office qui avait été en poste en Afrique du Sud, et Richard Solomon, le représentant de la jeune République du Transvaal, et finalement emporté à Sandrigham par les deux hommes, accompagnés de deux officiers de police en civil. C’est là qu’il fut donné au roi.

Et la copie ne fut pas volée !

On décida de ne pas tenter le diable : au lieu de l’envoyer à Amsterdam, c’est Joseph Asscher qui se déplaça à Londres.

La taille du Cullinan

C’était évidemment une énorme responsabilité. Le joailler commença par étudier la pièce pendant plusieurs mois, et finalement, après de grandes discussions, il fut décidé de couper la pièce en trois. Des « répétitions » furent faites sur des copies, et, le 10 février 1908, trois ans après la découverte de la pierre, Joseph Asscher se senti prêt à passer à l’acte. Une nombreuse assistance avait été invitée pour assister à cette taille historique.

Malheureusement, ce jour là, il ne se passa pas grand chose… tout simplement parce que c’est la lame qui se brisa, et pas le diamant.

Bague avec le diamant Cullinan IX

Bague avec le diamant Cullinan IX

Joseph Asscher prit une semaine, pour se forger de nouveaux outils, et décida, cette-fois ci, d’opérer quasiment seul, sans la présence des curieux qui risquaient de le distraire. Seul un notaire fut admis dans la pièce, pour certifier qu’il n’y avait pas de substitution. Asscher porta un coup extrêmement fort… le Culllinan était enfin taillé, et parfaitement !

La légende dit qu’il s’évanouit… Il semble plutôt, si on lit ses mémoires, qu’il se précipita pour vérifier le résultat de son coup, puis, selon ses dires « submergé par l’adrénaline », se précipita dans la pièce voisine pour annoncer la bonne nouvelle.

Une fois la première taille faite, le Cullinan fut finalement séparé en neuf pierres, qui seront chacune taillées et montées, et intégrées dans les joyaux de la Couronne.

Les neufs Cullinan

Broches avec les Cullinan V, VI et VIII

Broches avec les Cullinan V, VI et VIII

Ce sont, par ordre de taille décroissante :

  1. La grande étoile d’Afrique, ou Cullinan I. Elle est intégrée au sceptre, elle peut aussi être portée comme pendentif, seule, ou accrochée au Cullinan II. Elle fait 530,20 carats.
  2. La seconde étoile d’Afrique, ou Cullinan II, fait 317,4 carats. Elle est montée à l’avant de la Couronne Impériale.
  3. La petite étoile d’Afrique, ou Cullinan III, fait 94,4 carats, et est taillé en poire. Elle est aujourd’hui portée en broche, avec l’autre « petite étoile d’Afrique.
  4. Le Cullinan IV, l’autre petite étoile d’Afrique, a une forme carrée, taillée en coussin. Il fait 63,6 carats. La reine Elisabeth II, qui porta assez peu ces pierres les avait surnommées « Granny’s Chips » (les bouts de diamants de ma grand-mère) car la reine Mary les appréciait beaucoup.
  5. Le Cullinan V n’a pas de nom. C’est la pierre qui a été le plus portée par la reine Elisabeth. Taillé en forme de coeur, faisant 18,8 carats, il est monté au coeur d’une broche qui peut-elle même être insérée dans imposant ornement de corsage, appelé  « Parure du Delhi Durbar ». Elle peut aussi être combinée avec les deux Cullinan suivants, en un autre ornement de corsage.
  6. Le Cullinan VI est taillé en marquise, et pèse 8,8 carats. Il est habituellement suspendu à la broche du Cullinan VIII.
  7. Le Cullinan VII est aussi taillé en marquise, et pèse 11,5 carats. La reine Mary l’a fait attacher au collier de diamants et d’émeraudes de la parure du Delhi Durbar.
  8. Le Cullinan VIII est taillé en coussin, et pèse 6,8 carats. La Reine Elisabeth n’a jamais portée cette broche en public, affirmant qu’elle « trempait dans l’assiette de soupe » lors des dîners…
  9. Enfin, le Cullinan IX est un diamant en forme de poire, de 4,4 carats, monté en bague.

 

 

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